Pétition : L214 dénonce un nouveau scandale de maltraitance animale

C’est un élevage intensif de cochon situé à Pouldreuzic, dans le Finistère, qui est dans le viseur de l’association de protection animale.

La vidéo, filmée fin janvier au sein de l’EARL de Trégonguen, nous laisse percevoir une vision intolérable des conditions dans lesquelles sont gardés les porcs. On y perçoit des animaux maigres, blessés, malades et même agonisants. Et les animaux, qui par chances sont encore en vies, vivent au milieu d’ossement et de cadavres de leurs congénères.

On y voit également une surpopulation de certains enclos, certains contenant les femelles gestantes, d’autres les nouveaux nés. Ces enclos, tout de métal, sont dans un état d’insalubrité tel que l’endroit paraît abandonné.

En effet, l’absence de nettoyage et de désinfection des bâtiments est flagrant. Il traîne sur le sol une multitude d’objets. Des seringues, emmêlées dans des toiles d’araignées. L’appareil permettant de sectionner la queue des porcelets, afin d’éviter qu’ils ne se dévorent l’appendice entre eux, se trouve posé à même le sol, sans les mesures d’hygiènes requises. De plus cette méthode n’est pas autorisée de manière systématique, mais seulement lorsqu’il existe des preuves de blessures

« Cette insalubrité générale est sordide. L’éleveur ne doit pas contrôler quotidiennement le bon fonctionnement de l’élevage, comme il le devrait. Les animaux sont livrés à eux-mêmes, nourris automatiquement » dénonce Sébastien Arsac, porte-parole de L214. Il dénonce également « les défauts de ventilation [qui] entraînent des problèmes respiratoires pour les animaux, comme en témoignent les médicaments trouvés dans l’élevage ».

Des questions d’éthique et de surveillance.

« Le risque de transmission de dangers ayant un impact sur la santé animale, mais aussi sur la santé humaine, est maximal », prévient la vétérinaire Hélène Gateau, à laquelle l’association a soumis les images. « Comment peut-on laisser des animaux, des êtres vivants, à la charge d’un éleveur visiblement dépassé ? Que font les autorités et les services vétérinaires ? », s’interroge-t-elle.

L’association a décidé de porter plainte devant le tribunal de grande instance de Quimper pour maltraitance animale, menaçant l’élevage d’une peine de six mois d’emprisonnement et de 7.500 euros d’amendes.

L’éleveur n’a pas souhaité répondre aux questions, de même pour la direction de la protection de la population du Finistère qui avait lancé une inspection des services vétérinaires le 25 mai 2016.

Une vidéo mal perçu du côté des entreprises agro-alimentaires.

Cet élevage fait parti de la coopérative Triskalia (au rang de la 5ème plus importante de Bretagne) qui regroupe pas moins de 700 éleveurs, commercialisant chaque année 1.700.000 cochons.

La coopérative précise qu’elle va « immédiatement mettre en place un plan d’actions pour accompagner l’éleveur », en lien avec la DDPP, sans évoquer de fermeture de l’établissement.
L’un de leur principale groupe d’achat étant Bigard.

Pour Paul Auffrey, éleveur de porcs et président de la Fédération nationale porcine (FNP), ce «vidéo montage» est utilisé pour jeter le discrédit sur la profession. «Couper la queue, c’est fait sur tous les cochons d’élevage pour éviter les mutilations animales. Ces images ne reflètent pas la réalité. La plupart des élevages français sont propres, bien éclairés. Là, c’est filmé de nuit. C’est certain que ça donne une impression lugubre. Il ne faut pas se voiler la face: les animaux morts dans les élevages, ça existe, c’est naturel. Il y a 10 à 15% d’une portée qui meurent. Entre le moment où l’on quitte le bâtiment le soir à 18 heures et le lendemain matin, il peut y avoir des décès, c’est logique», précise-t-il.

Un cas pas si isolé.

En France, selon L214, 95% des élevages fonctionnent de la même manière. Les truies sont élevées dans des cases de maternités et donnent naissance à près de trente porcelets par an. Du côté des porcs, la mortalité est extrêmement élevée. «On parle de 14% des porcs qui meurent entre la naissance et leur date d’abattage 180 jours plus tard. Et dans ce chiffre, on ne compte pas ceux qui sont mort-nés», reprend Sébastien Arsac.

Le groupe devait tenir une conférence de presse à 16 heures ce jeudi, mais a décidé d’annuler la conférence de presse compte tenu de la «pression médiatique autour de cet élevage, et conformément aux recommandations de la Préfecture».

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Thomas

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