Cause animale

Marques testées sur les animaux : la liste à jour

Les tests de cosmétiques sont interdits en Europe depuis 2013. Une marque testée sur les animaux se cherche donc plutôt dans le placard du chien : cinq cas, la pièce écrite qui l’établit dans chacun, et ce qu’elle ne prouve pas.

Par Yann Kerbrat Publié le 10 août 2026 7 min de lecture

Un lapin blanc dans une cage de laboratoire à barreaux métalliques
Oryctolagus cuniculusFernando Losada Rodríguez, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

« C’est interdit depuis 2013, ta liste n’a plus lieu d’être. » Je reçois cette phrase chaque fois que le sujet remonte, et elle est à moitié vraie. Le règlement européen sur les cosmétiques interdit bien de tester un produit fini ou ses ingrédients sur des animaux, et d’en vendre un qui l’aurait été. Chercher les marques testées sur les animaux garde pourtant un sens, mais pas là où tu regardes.

Si tu veux savoir ce qui, chez toi, a coûté des animaux de laboratoire, ouvre le placard du chien avant la salle de bains. Le vaccin, le vermifuge et la pipette antiparasitaire ont tous été mis au point sur des chiens et sur des chats. La loi l’exige. Ton gel douche, lui, est en règle depuis 2013.

Comment je décide qu’une marque est testée sur les animaux

Je n’ai jamais mis les pieds dans un laboratoire et je ne vais pas faire semblant. Je lis des textes et des rapports publics, je les nomme, je les date, et je m’arrête où ils s’arrêtent.

C’est aussi pour ça que tu ne trouveras pas ici les trente noms qui circulent de blog en blog. J’ai déjà recopié un chiffre que personne ne savait sourcer, et j’ai mis trois soirs à comprendre qu’il ne reposait sur rien. Une situation entre ici si une pièce écrite l’établit : règlement, décision d’agence, audit.

Cinq cas, du plus certain au plus flou.

Ce que tu tiens en mainTesté ?Ce qui l’établit
Vaccin, antiparasitaire, médicament vétérinaireOui, sans exceptionRèglement (UE) 2019/6, annexe II
Teinture, solaire, produit enfant en ChinePossibleCatégorie « usage spécial » en vigueur
Filtre solaire enregistré sous REACHOui, certainsECHA, 18 août 2020
Cosmétique certifié Leaping BunnyNon, fournisseurs comprisAudit et date butoir
Emballage portant « non testé sur les animaux »Non, comme tous les autresRèglement 1223/2009, article 18

Les vaccins et les antiparasitaires de ton chien

Ça concerne tout le monde, et personne n’y échappe.

Un médicament vétérinaire n’obtient son autorisation de mise sur le marché qu’après des essais d’innocuité et d’efficacité conduits sur l’espèce à laquelle il est destiné. C’est l’annexe II du règlement (UE) 2019/6, applicable depuis le 28 janvier 2022. Le rappel annuel de Gribouille a donc été mis au point sur des chiens, et sa pipette de printemps aussi.

En 2024, l’enquête statistique du ministère de la Recherche compte 3 342 utilisations de chiens et 574 de chats dans les laboratoires français. Au titre du médicament vétérinaire : 764 chiens et 147 chats.

Aucune porte de sortie de ce côté-là. Le vaccin sans cruauté n’existe pas, et sauter le rappel pour cette raison revient à faire payer l’addition au chien. Ces actes restent d’ailleurs hors garantie dans la plupart des contrats d’assurance santé animale, sauf forfait prévention.

Les 2 041 157 utilisations de 2024, par espèce

Souris72,4 %

Lapins7,9 %

Poissons7,2 %

Rats6,2 %

Chiens0,16 %

Chats0,03 %

Les cosmétiques vendus en Chine en catégorie « usage spécial »

Une partie du catalogue des grands groupes installés là-bas. Pas tout le catalogue.

Depuis le 1er mai 2021, la Chine dispense de tests sur animaux les cosmétiques ordinaires importés (shampooing, gel douche, rouge à lèvres) quand le fabricant fournit un certificat de bonnes pratiques délivré par son pays d’origine et un rapport d’évaluation de la sécurité. L’exemption s’arrête net à cette porte. Colorations, permanentes, solaires, produits blanchissants, tout ce qui s’adresse aux enfants : catégorie « usage spécial », tests toujours exigés.

Méfie-toi du raccourci qui suit, il traîne partout. Une marque implantée en Chine ne teste pas forcément : elle peut n’y vendre que des références exemptées. Le nom sur le flacon ne tranche rien. C’est la référence qui décide.

Les ingrédients de cosmétiques testés au titre de REACH

Ici, ce sont des molécules qui sont visées. Pas des marques, et ça complique tout.

Le 18 août 2020, la chambre de recours de l’Agence européenne des produits chimiques a confirmé deux décisions obligeant l’allemand Symrise à tester l’homosalate et le salicylate d’éthylhexyle sur des rats, des lapins et des poissons. Ce sont deux filtres solaires, employés uniquement en cosmétique. L’agence a exigé ces tests au titre de REACH, pas du règlement cosmétiques, pour la sécurité des salariés qui manipulent la substance. Le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le recours de Symrise en 2023 : les deux textes sont complémentaires, pas contradictoires.

Impossible, en revanche, de désigner un coupable. La substance part ensuite chez des dizaines de formulateurs, et aucun emballage ne dit d’où elle sort.

Les marques certifiées Leaping Bunny, PETA ou One Voice

À regarder si tu veux une garantie qui remonte jusqu’aux fournisseurs d’ingrédients.

Les trois ne pèsent pas pareil. Leaping Bunny fixe une date butoir, remonte la chaîne d’approvisionnement jusqu’aux fabricants d’ingrédients et fait auditer le tout par un tiers. Les listes de PETA reposent sur une déclaration signée par l’entreprise, ce qui couvre beaucoup plus de marques et engage moins. One Voice audite, côté français, un nombre restreint de sociétés. Le détail de ce que chacun contrôle et la façon de vérifier une marque en cinq minutes tiennent dans une autre page.

Aucun des trois ne va sur le terrain de REACH, qui sort de leur périmètre. Le logo au lapin bondissant s’arrête là où l’agence chimique commence.

La mention « non testé sur les animaux » sur un emballage

Celle-là ne sert à rien, et elle est en principe interdite.

Le règlement (UE) n° 655/2013, applicable depuis le 11 juillet 2013, fixe les critères communs auxquels une allégation cosmétique doit répondre. L’un d’eux vise les allégations « qui laissent entendre qu’un produit procure un bénéfice particulier alors que, ce faisant, il satisfait simplement aux prescriptions minimales de la législation ». Elles ne sont pas autorisées. Or ne pas tester est une obligation légale pour tout le monde depuis le 11 mars 2013.

La marque qui l’imprime ne ment pas. Elle te vend juste, au prix fort, une chose que sa concurrente d’en face respecte aussi.

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